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« Réflexion d’une formatrice/conseillère en Insertion »
Une salariée solidaire nous fait part de ses réflexions.

publié le mardi 4 novembre 2003
dans le dossier
> Travail social & critiques
visites : 2485

Une de nos amies travaillant avec des gens sensés nous ressembler, des "sans-travail" donc sans revenu, nous transmet ce qu’elle voit et ressent depuis 10 ans dans sa fonction d’accompagnatrice. Elle a choisi AC ! Rhône car elle a compris que nous ne sommes pas des militants du chômage mais des individus engagés dans la volonté de dé-précariser les conditions de vie de l’ensemble de la population, donc aussi de ceux qui travaillent. Cela participe de la volonté de dé-précariser le travail des professionnels de l’insertion, car comme l’explique ce témoignage (c’est ce que nous avons toujours dit), les professionnels de l’insertion sont aussi "précaires."

C’est avec joie que nous mettrons les contributions d’autres salariés/ées solidaires, de l’insertion ou pas, sur notre site car nous le voulons comme un espace critique de la pensée unique sur la misère et la précarité, pensée unique qui veut ne résoudre les problèmes de revenu que par le travail. En ce sens, toutes les contributions seront les bienvenues.

Bonne lecture.

Le métier de formatrice/conseillère en insertion

Ce métier est apparu en France au début des années 80, à l’arrivée d’un gouvernement socialiste. Ce gouvernement a mis en place le premier dispositif de la formation professionnelle pour des publics spécifiques en raison du chômage, s’adressant tout particulièrement aux jeunes et à la classe ouvrière sans qualification professionnelle.

Ce choix politique est le résultat d’une modification de l’organisation du travail où nous avons cru que c’était la fin du taylorisme [1]Mais dans la réalité ce ne fut qu’une réorganisation du travail qui introduisait de nouvelles technologies, de nouvelles machines (le numérique et la robotique entre autres [2]). En conséquence, cette réorganisation demandait de nouvelles compétences. Elle déclencha le licenciement : de la plupart des immigrés venus reconstruire la France d’après guerre, limités par la langue pays d’accueil et leur niveau de savoir général dans leur propre langue (ruraux analphabètes) et les Français de niveau scolaire primaire qui ont cessé d’utiliser l’écrit et sont devenu des illettrés. Ces ouvriers français avaient misé sur leur travail dans la même entreprise le temps nécessaire pour bénéficier de la retraite.

Aujourd’hui, il n’y a que dans les secteurs publics où nous pouvons encore espérer avoir un salaire jusqu’à notre retraite et ne pas connaître la précarité, la perte de l’emploi.

La formatrice/conseillère qui a commencé à exercer ce métier à cette époque a pu constater que ces licenciements en masse ont provoqué chez ces deux types de personnes :
-  des difficultés psychologiques face à la perte de leur travail, faire le deuil de l’emploi,
-  des difficultés d’adaptation à des changements d’habitudes et de rythme de vie,
-  des difficultés pour envisager de retourner sur le marché du travail en vendant des compétences (la perte de la confiance en soi),
-  des difficultés à se projeter dans un futur en envisageant, en quelque sorte, de retourner à l’école suite à leur 1er échec pour recommencer un apprentissage (illettrés) où mettre en place des premiers apprentissages (analphabètes [3])

Sans oublier :
-  les difficultés économiques rencontrées que la perte de son travail enclenche, à savoir ce que sera demain (huissier, mise en demeure, expulsion...). Cette perte des acquis déclenche des ruptures relationnelles, des réactions familiales (où, bien souvent, la justice doit intervenir). Et il est plus difficile encore d’être un analphabète ou un illettré pour faire valoir ses droits et suivre les procédures écrites. Et c’est pourtant ce qui fait preuve devant la justice.

Aussi, il va falloir bien reconnaître que pour les immigrés, il n’y a jamais eu une vrai politique d’accueil pour faciliter la compréhension des us et coutumes adaptées aux règles climatiques et aux procédures à suivre.

Les Canadiens n’ont pas fait la même erreur que nous. Par exemple, quand une personne migre au Canada, on lui propose une documentation écrite s’il est lecteur ou de suivre un stage qui explique le fonctionnement administratif et culturel du pays [4]. Les pays tempérés (qui quelque part, sont les pays « les plus développés » au niveau du secteur industriel dit aussi le secteur secondaire) ont oublié la loi de l’hospitalité qui faisait règle dans les campagnes [5].

Ce choix politique de rechercher la rentabilité immédiate du système néo-libérale n’a pas permis d’anticiper sur les conséquences à long terme. Au départ, la stratégie de ces nouveaux libéraux avait misé sur le retour immédiat des immigrés après la reconstruction de la France. Mais les événements politiques (guerre d’Algérie) prolongea la présence des immigrés en France et déclencha d’autres phénomènes imprévisibles ; en ne faisant venir d’abord que des hommes seuls. L’état français décida donc de permettre le regroupement familial dans les années 70, ce qui augmenta la dépense des ménages en France, la construction de logement, la démographie. Par conséquent, ce choix politique augmenta la croissance économique de la France.

Alors, quand est arrivée la nouvelle réorganisation liée aux technologies, les licenciements commencèrent et affluèrent dès la fin des années 70, les familles ouvrières françaises et immigrées sombrèrent dans l’endettement et perdirent leur pouvoir d’achat. Cependant, pour anticiper la venue des nouvelles technologies, les industriels français auraient pu utiliser les cotisations de la formation continue conjointement avec l’État pour permettre à cette main d’œuvres d’accéder à des cours notamment de français pour les immigrés, suffisamment long, aussi bien pour les hommes et les femmes pour qu’ils puissent accéder au savoir, aux nouvelles technologies. N’ayant rien anticiper, et surtout pas participer financièrement, en 1981, le gouvernement socialiste de l’époque a du mettre en place des mesures pour enrayer ce décalage, en formant au départ en priorité les jeunes sans qualification professionnelle, puis les + de 25 ans licenciés en masse. Cependant, le gouvernement de l’époque a pris le problème à la demande ou sous la pression du patronat car les entrepreneurs étaient demandeur de personnes qualifiées. En voulant pallier au plus pressé, ce gouvernement créa des stages de quatre à six mois avec alternance en entreprises, mais pas suffisamment long sur la durée pour enrayer la problématique de la formation des analphabètes et des illettrés (Il y a encore de nombreuses personnes analphabètes surtout chez les femmes immigrées maghrébines beaucoup plus jeunes que leurs maris et doivent bien souvent se retrouver sur le marché du travail, contraintes par la situation économique).

A partir de ce moment, les institutions ont mis en place, en premier lieu, des stages de formation et après des mesures d’état contractuelles (on a connu les stages, DELD, SIFE, Paque, MAP, MOBI et les mesures TUC, SIVP, CES, CEC, CIE, Emploi jeunes, Contrat jeune, et bientôt RMA et CIVIS...). Ce système créa les tous premiers dispositifs sociaux en créant le secteur de l’insertion sociale et professionnelle.

Les mesures d’aide affluèrent par les Ministères du Travail, des Affaires Sociales et des Conseils Régionaux et Généraux. Ils lancèrent des appels d’offre. Des associations caritatives de l’éducation populaire déjà conscientes du problème social des analphabètes/illettrés ouvrier(e)s s’organisèrent et émergèrent pour pallier à ces manques, face à la misère, en inventant d’autre forme de solidarité et d’économie solidaire sur les communes (SEL). Puis, le chômage persistant, l’État fut alors obligé de penser à un Revenu Minimum. C’est le Revenu Minimum d’Insertion (RMI) qui s’est mis en place en 1988. Avant cette date d’application, trois études ont été réalisées pour aider le gouvernement à prendre la décision du choix du Revenu Minimum d’Insertion [6] , l’une des ces études proposait un revenu minimum pour tous. Et si salaire il y a, le salaire devient un complément au Revenu Minimum. Cette pensée est plus ancienne encore, certains économistes ont pensé à garantir un revenu d’existence, notamment Tobin en 1963, en pensant taxer les capitaux, pour lui cette taxe aurait dû alimenter les cotisations sociales et garantir un revenu pour tous [7].

On peut constater et conclure sur le contexte d’aujourd’hui que :
-  il existe un même système de revenu minimum dans nombreux pays Européens, il est même en discussion en Suisse, au Canada il s’appelle le bien être social,
-  le chômage touche maintenant toutes les professions, toutes les catégories socioprofessionnelles, les commerçants, les artisans, les salariés, les cadres mais il est rare d’y voir des actionnaires [8],
-  les acteurs socio-économiques [9] par l’instauration du revenu minimum, ont admis que les Français et les résidants (immigrés) ne peuvent plus vivre sans ressource économique dans cette société libérale mais ils restent contraints par le « I » de l’insertion (des suspensions de RMI sont possibles) - le revenu minimum n’est pas un droit - et c’est aussi mettre en avant que la masse des actifs ne puissent plus être intégrée (en 2003, il y a une moyenne de 11 annonces pour 100 chômeurs à l’ANPE avec les chiffres officiels),
-  depuis l’introduction des nouvelles technologiques dans le travail, les responsables d’entreprises qui ont licencié et se sont déchargés sur « l’État Providence » pour permettre le passage aux nouvelles technologies et la réorganisation ; ces responsables d’entreprises conjointement l’État n’ont pas utiliser les cotisations de la formation continue pour former cette main-d’œuvre. Ce qui aurait permis de retrouver plus tard cette main d’œuvre, qualifiée aux nouvelles technologies sur le marché du travail. Ceci a eu pour conséquence un impact direct sur les ménages. Pendant la cohabitation, ces entrepreneurs soutenus par la droite se sont attaqués à faire régresser les droits sociaux des travailleurs (Sécurité sociale, réduction du temps d’allocation des droits des allocataires Assedic,, retraite et bientôt le détournement des prestations de la Caisse d’Allocation Familiale (CAFAL) versées aux employeurs pour l’embauche d’un RMA...),
-  c’est aussi ces responsables d’entreprises qui se sont organisés pour aller chercher [10] les immigrés du Maghreb, en premier lieu pour le secteur secondaire (industriel, sidérurgie...). Cependant, ils recherchent toujours et encore aujourd’hui des personnes capables de lire (des plans par exemple) et d’écrire, d’agir, de surveiller, d’utiliser, de réparer l’outil de travail en cas de non-fonctionnement. Le même mode de gestion de la main d’œuvre étrangère continue.

Dans ce contexte, l’action de former à la demande économique a pour sens épistémologique, il me semble, tel que l’avait décrit dans un de ces cours Monsieur Develay [11], de "formater " un être humain à devenir un élément d’une organisation de travail pour en tirer une rentabilité immédiate. Cette demande est conditionnée et dépendante du développement des nouvelles technologies, de l’organisation du travail, des créations d’emplois, de la consommation des ménages et du coût de la distribution mais aussi de la concurrence internationale et des valeurs boursières. Cependant cette demande est aussi conditionnée par la politique de dominations patronale et actionariale qui demandent à la formatrice/conseillère de "formater " l’être humain à devenir un membre actif de la société française [12] parce ce que la formatrice/conseillère en insertion travaille indirectement pour l’État (mais non reconnu comme fonctionnaire). Plus précisément, elle travaille pour le Ministère du Travail, l’Emploi et de la Formation Professionnelle et maintenant pour les institutions sociales européennes (Plan Local d’Insertion par l’Emploi) de la manière suivante : sous la forme d’appels à projet orienté par des textes de lois. Le projet déposé par la structure répondeuse ne sera accepté que s’il rentre dans les orientations et répond à un de ces deux critères :

1) que le projet s’adresse à des publics identifiés comme prioritaires : jeunes de - 25 ans sans qualification professionnelle au départ et maintenant tous les jeunes même qualifiés, les bénéficiaires du RMI de plus de 25 ans, les Travailleurs Handicapés, les hommes et femmes de plus de 50 ans, les chômeurs longue durée bénéficiant de l’Allocation Spécifique de Solidarité),

2) que le projet concerne des secteurs porteurs d’emploi. (le bâtiment, la restauration rapide, la distribution, l’agroalimentaire...).

Si le projet rentre dans les clous, il y aura la délivrance de subventions attribuées, contractualisé et un bilan devra être fourni pour obtenir la totalité de la subvention. Ce travail devient sous-traité à des structures de types associatives reconnues d’utilités publiques ou Sarl conventionnées, agrémentées et réglementées (code du travail) par les institutions précitées.

Dans ces conditions, le formateur/conseiller en Insertion est lui aussi sur un fauteuil éjectable, lui-même précaire, car son travail dépendra de subvention qui peuvent être remise en cause d’une année sur l’autre par la politique de l’Emploi et de la Formation Professionnelle.

La notion d’insertion pour Robert Castel désigne " Un mode original d’intervention et qui se donne avec le contrat une méthodologie : construire un projet qui engage la double responsabilité de l’allocataire et de la communauté [13], et doit déboucher sur la réinscription du bénéficiaire dans le régime commun [14] ", ou d’une première inscription dans le régime commun surtout pour les jeunes sortants du système scolaire en échec. Mais comment définir l’insertion sociale et professionnelle, doit-on dissocier l’insertion sociale ou professionnelle ? Toujours pour Robert Castel, ces deux modalités d’insertion ouvrent deux registres complètement différents d’existence sociale. L’insertion professionnelle correspondrait à ce que l’on nomme jusqu’ici l’intégration : "C’est retrouver une place entière dans la société, c’est se réinscrire dans la condition salariale avec ses servitudes et garanties [15] ". Et Robert Castel conclut : "C’est l’honneur (mais aussi le remords) d’une démocratie que de ne pas se résigner à l’abandon complet d’un de ses membres dont le seul crime est d’être inemployable [16]".

Être inemployable dans la société française aujourd’hui, sous-entend être non rentable économiquement, ne pas pouvoir ou vouloir être intégré. C’est aussi d’être considéré par les autres comme un être incapable de vendre un savoir, un savoir-faire ou savoir être en échange d’une rémunération. C’est ne pas savoir valoriser une compétence maîtrisée, c’est ne pas se connaître. C’est d’être un moins que rien, un fainéant, un handicapé à vie, un dépendant du système social... C’est ce dur constat qui peut-être entendu par les formateurs/conseillers. Alors comment donner de la dignité humaine quand l’inemployable portent toutes ces étiquettes ? La formatrice/conseillère en insertion va devoir user de stratagèmes, pour pouvoir avancer sur un parcours personnel, pour arriver à faire comprendre qu’il y a toujours un moyen d’évoluer personnellement, et trouver les moyens pour permette à l’individu de s’observer et d’y découvrir ses compétences pour qu’il distingue en lui sa propre nature [17] et accepte par exemple d’être un handicapé dans telle ou telle situation mais dans telle autre ne pas l’être. Ce travail n’est possible que si l’on admet la liberté du choix professionnel ou social, ce qui n’est pas la cas aujourd’hui.

[1] " Le taylorisme est une méthode d’organisation du travail conçue par l’ingénieur américain F.W Taylor (1856-1915). Le taylorisme vise à accroître l’efficacité du travail par la séparation entre les tâches de conception et d’exécution, par la décomposition des activités de travail en tâches élémentaires et répétitives et, enfin, par la rémunération au rendement. " Mots clé des " Sciences humaines " n’78, décembre 1997, page 34.

[2] Voir le film « les prolos » de Marcel Trillat.

[3] J’ai fait l’expérience en animation, d’un stage avec des femmes analphabètes de 30 à 53 ans, en 1987, sur une durée de 6 mois à raison de 37h par semaine, incluant de l’alternance avec le monde du travail (2 fois 3 semaines). Mais pour former des analphabètes, il faut mettre en place des préapprentissages (qui commencent par prendre pour la première fois un stylos dans la mains, cours de maternelle préparatoire adapté à des adultes). Ces femmes n’avaient jamais passé 7h en formation assises sur une chaise à réfléchir et à formaliser par écrit. Six mois étaient trop courts pour apprendre à lire et à écrire. Un enfant apprend normalement en 2 années minimums pourvoir lire et écrire dans sa langue maternelle.

[4] Les températures froides induisent un autre comportement que celui des pays du sud, il faut savoir utiliser le matériels de chauffage, apprendre à régler des problèmes administratifs et économiques par téléphone, il y existe des partis communes dans les immeubles (machines à laver le linge...).

[5] Qui n’a jamais entendu dire qu’il fallait toujours faire plus à manger que le nombre de présent en cas de visite impromptue ou certains disent " la part du pauvre ". Cette règle d’hospitalité renvoi à la notions du don. Il est intéressant de lire l’article " le don est-il moderne ? " de la revue " Sciences Humaines n°133" du mois de décembre 2002.

[6] Lire, « le Revenu Minimum. »

[7] « Garantir le Revenu », « Histoire et actualité d’une utopie concrète » la découverte Mauss, Laurent Géffroy.

[8] Que je nommerai les nouveaux rentiers.

[9] Syndicats d’entrepreneurs et de salariés, l’exemple type de leur gestion paritaire est la gestion des cotisations de chômage, les acteurs économiques sont entrain de mettre la main mises sur les droits sociaux des salariés. lire « Pour une grenelle de L’Unédic » « les notes de la fondation Copernic » édition Syllepse.

[10] Voir en film ou lire le livre de "Mémoires d’immigrés"de Yasmina Benguigui.

[11] Professeur de l’Université Lumière Lyon 2 et actuel Directeur de l’Institut des Sciences Pratiques d’Éducation et de Formation ISPEF.

[12] La société française apparaît ici "comme une réalité objective, clairement délimité, elle constitue un tout autonome, un objet qui s’offre à la pensée comme allant de soi, ayant une certaine solidité." On devrait plutôt retenir le définition de la société suivante : elle "renvoie plutôt à une dimension de la condition humaine, à l’homme dans ses relations avec ses semblables", extrait de "la société " de Benjamin Spector, Ed corpus Flammarion, page 11.

[13] A prendre dans le sens de la société française, mais quand nous développerons plus loin le contexte philosophique nous explorerons la société par le regard de la condition humaine. Telle que la défini Benjamin Spector.

[14] "Les métamorphoses de la question sociale " Robert Castel, Fayard 1995, " au terme d’une analyse rétrospective de l’histoire du salariat, de la fin du moyen âge à nos jours , le sociologue R. Castel conclut la crise non pas du travail en général mais du travail de types salarié. A l’appui de sa thèse : l’essor des emplois précaires (CCD, Intérim, stages, etc.). Pour R. Castel, cette fragilisation du travail salarié est à l’origine des phénomènes d’exclusion et constitue donc la nouvelle question sociale " extrait de la présentation d’ouvrage dans Sciences Humaines N° 78 décembre 1997.

[15] "Les métamorphoses de la question sociale" Robert Castel, Fayard 1995]". En revanche : "l’insertion purement sociale pose un problème inédit et interroge : en quoi peut coexister une insertion sociale qui ne déboucherait pas sur une insertion professionnelle, sur l’intégration ? Une condamnation à l’insertion perpétuelle en somme. Qu’est ce qu’un insérer permanent ? Quelqu’un que l’on n’abandonne pas complètement, que l’on accompagne en tissant autour de lui un réseau d’activités, d’initiatives, de projets[[Idem.

[16] Idem.

[17] N’ayant rien écrit de plus qu’il y a très longtemps, permettez-moi de vous joindre un extrait du "cursus de l’éducation", « Platon Par lui-même » Édition de l’éclat.
-  S. « C’est dès l’enfance qu’il faut enseigner tout ce qui touche au calcul, à la géométrie et tout ce qui constitue la propédeutique indispensable à la dialectique, en donnant à l’enseignement une forme telle qu’il n’y est aucune contrainte d’apprendre. "
-  G. Pourquoi donc ?
-  S. Ainsi mon cher, ce n’est pas dans la violence mais dans le jeu qu’il faut instruire les enfants, pour être à même de discerner l’aptitude naturelle de chacun ».

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